Triptyque d'une image

Chaque type d'appareil photo a pour le photographe qui connais, une voix propre, qui parle par elle-même. Henri Cartier-Bresson as dis très justement “c’est la personne qui laisse exprimer le bon outil au moment décisif ».

Une photo prise avec un appareil argentique moyen format (juste pour donner un exemple) a besoin de toute une réflexion: la position, les gestes, la composition; elle nécessite une mise en scène, comme quand le comédien commence à jouer sa pièce face a une salle de théâtre.

La même photo prise par un téléphone portable ne va pas transmettre le même message qu'un négatif 6*7 cm.

L'appareil photo réflex est devenu populaire (pour ne pas dire vulgaire) depuis l’apparition de la technologie numérique. La démocratisation de la photographie a rendu le monde vite angoissé pour s'autoreproduire-détruire. Le prêt-à-porter du jugement de l’être.

Le monde est vite étouffé par des images prises par des yeux angoissés.

Le monde est devenu vite jugé par des regards mal placés, qui sont ensuite kilo-méga-giga-téra-péta-stockés. Écrire une phrase visuelle est devenu accessible pour tout le monde, mais le monde ne veut pas se faire juger par tout le monde.

Le monde est devenu mégaphotographié, mégastocké, mégajugé par des appareils de toutes les générations qui se baladent avec des personnes qui n'ont jamais appris à écrire dans un agenda visuel.

Le monde évolue en même temps que la technique avance.

Le monde n’est pas prêt pour être jugé par des regards sans réflexion. Les regards sans réflexion ne sont pas prêts pour regarder le monde.

De moins en moins, je vois des personnes qui se montrent avec des appareils photo. L’image romantique du photographe n’existe plus. L’idée romantique du photographe est vite étouffée par la mégaconsommation-production d'images.

Cet après-midi, j'ai vécu une expérience qui, pour moi, est un bon résumé de cela.

Un samedi d’un joli automne ensoleillé: marché aux puces de Plainpalais à Genève. Je me balade. Depuis des années, je me balade avec mon appareil. Je me glisse entre les gens qui exposent le passé des autres et les randonneurs à la recherche de le trouver.

Je sors rarement avec un grand appareil photo, mais je suis tout le temps accompagné par mon petit Canon G15 qui, plus qu’un appareil photo, est mon cahier pour prendre des notes visuelles.

Je sors l’appareil pour prendre la photo qui accompagne ce texte (une image d’un vieux drapeau américain étendu à la verticale sur un fond noir).

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Pendant que la focale digitale de mon Canon cherche sa place, j’entends la voix d’une femme qui commence à me crier dessus pour éviter que je prenne la photo. J'ai laissé quand même mon appareil finir son travail. Cette femme voulait éviter que je prenne l'image.

Après, je me suis approché de la dame (dame… terme trop gentil pour la décrire) et je lui ai expliqué que j’étais juste en train de faire une photo du drapeau américain et qu'elle n’était pas l’objet de mon image. Elle ne m’écoutait pas, elle ne voulait pas écouter. Ses insultes commençaient à monter très vite et mon explication n’avait pas d'importance. Elle crachait de la merde déguisée en paroles.

Quelques secondes après, un homme (vu le langage commun, je pense que c'était son mari) a continué à monter la bassesse des mots.

- Casse-toi d’ici et arrête de faire chier.

Au moment de partir, la femme (qui effectivement n'avait rien d'une dame) m’a montré un bâton qu'elle avait en vente sur sa table pour me faire savoir que je pouvais me le mettre bien profondément dans mon cul et partir avec lui dedans.

Je me trouve donc avec le bâton imaginaire dans mon cul et le couple en train de me crier sur mon dos. Casse-toi d’ici.

Le photographe n’est plus l’image-cliché et romantique que l’ère numérique a banalisée et a voulu faire croire.

Susan Sontag a dit en 1977, dans son livre « Sur la photographie » : « Les fusils se sont métamorphosés en appareils photo (…).

La photographie n’as plus la necesité de montrer le monde , le monde s’y attaque tout seul.

Sebastiao Salgado dit que la photographie est morte. Pour Joan Fontcuberta, la photographie se transforme. Ce soir, je suis d’accord avec tous les trois.

Camilo Agudelo, novembre 2016

Voie trois, entrée du régio-express

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l y a quelques années j'ai eu une histoire avec une personne qui n'habitait pas dans la même ville que moi. Par son travail, il devait voyager partout dans le monde. Parfois il était aux Etats-Unis, parfois en Allemagne, parfois en Afrique du sud, parfois en Georgie… Bref, rarement à Genève.

A l'époque j'habitais dans un appartement en face de la gare ; lorsque, par son travail, la Suisse était sa destination, on restait ensemble la nuit. Le lendemain, notre rituel était de boire un café turc - colombien - grec - italien. En manque d'une vraie cafetière, on avait trouvé le moyen d'improviser le café du matin. Après ça, il continuait sa vie autour du globe.

On discutait tous les deux par messages-texte. Parfois je recevais des messages qui provenaient du passé, du futur, mais rarement du présent même. Cela dépendait de l'endroit où il se trouvait pour le travail.

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Cette histoire a vu sa fin par un message-texte arrivé sur mon téléphone et écrit quelques heures dans le futur. Un texte froid d'oubli.

J'avais des kilomètres de textes sur mon téléphone fabriqués pendant cette période entre nous.

Le réseau mobile n'était pas un bon espace pour laisser partir les mots qui ont eu de la vraie importance pour moi. “Effacer” en glissant mon doigt sur la poubelle virtuelle de l'écran de mon iPhone n'était pas une option. Je dois rendre les deuils matériels pour pouvoir les vivre.

Avec du papier blanc et à l'aide de ma machine à écrire Brother orange, je donnais de l'existence figurative à ces mots qui étaient gardés dans mon téléphone portable.

Le geste de mes mains avec le bruit de l'écriture mécanique a donné une nature figurative à ces mots.

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Avec des ciseaux je coupai chaque message et le pliai délicatement (2, 4, 8, 16, 32…. Ca dépendait vraiment de la taille du message). Après, je cachais les messages dans des lieux de la ville où on était passé ensemble.

Dans les fissures de l'asphalte, par terre, sous le verso des tables de restaurants (comme on y collerait une chewing-gum), dans les rangées de bouffe pré-faite du supermarché, dans le comptoir d'un bar. Enfin. Partout où on avait marché ensemble. Après le temps-montre et le temps-météo, à l'aide - je pense aussi - des quelques nettoyeurs de la ville, ont fait le travail de gommer ma mémoire sans le savoir.

Quelques années après que les archives de cette histoire se sont effacées avec des milliers de passages de la machine à laver des trottoirs de la ville, de serveurs qui tournent les tables de restaurants pour nettoyer son verso, de le pluie qui tombe, (entre mille autres facteurs) on se retrouve, lui et moi, enfin à habiter dans les mêmes coordonnées horaires et géographiques en même temps.

Il a son nouvel appartement à moins de 100 mètres où j'habitais à l'époque. Même côté de la gare et dans le même étage. La vue, bien évidement, presque la même.

Dans la chambre d'invité de cet espace, sa chatte vient d'avoir cinq petits chatons, joli spectacle de création à voir. Au fond de cette scène, par la fenêtre entre-ouverte, une voix annonce l'arrivée d'un train à la gare. “ en provenance de Lausanne, Renens, Morges, Allaman, Rolle, Coppet, ce train reste à Genève, le bon départ svp”.

J'avais aussi caché des papiers dans la voie trois de la gare.

Camilo Agudelo, mais 2016

JPG. Terre à terre. Du digital au digital

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Avant que le texte final pour nourrir ce blog ne soit prêt, je dois passer par la mécanique de regarder le texte et les photos qui font binôme. Je les prends avec mon petit appareil numérique Canon G15. Après je transcris cette information.

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En règle générale cette partie du processus se passe en espagnol, ma langue maternelle, mais quelques fois aussi en français. Constamment, les choses ne veulent pas dire la même chose dans une langue et dans une autre. Juste pour ça, le côté droit de mon agenda est bilingue. Entre l'espagnol et le français.

Le côté droit est gardé pour écrire les premières pensées. Le côté gauche prend une forme 100 % francophone pour regrouper ces idées polyglottes.

Je dois passer par le développement d'écriture manuelle pour pourvoir remettre le sens basique à ces idées comprimées en format JPG.

Sans le geste d'écriture à la main, les mots qui sont dans les images ne pourront pas se décompresser. Une autre façon de les rendre en “haute” qualité.

Ces photos JPG ont des couches qu'on ne voit pas à première vue. Il faut avoir le logiciel de décompression pour pouvoir les lire; sinon, on risque de perdre une partie de l'information basique pour comprendre pourquoi ces images ont été créées. Elles ont le risque de devenir lisses, mais néanmoins tout à fait compréhensibles depuis un premier degré de lecture.

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Ces couches intérieures contiennent des informations liées à mon passé. Même si mon passé n'est pas du tout lié ni au lieu, ni au moment de la prise de vue, l'information existe à l'intérieur de mon logiciel pour faire le décryptage avec un stylo et un papier.

Le procédure digitale, elle seule, n'a pas assez d'informations pour pouvoir donner le sens du pourquoi ces clichés ont été pris. La photographie (en tout cas à mes yeux), doit passer par une procédure physique pour avoir une complète transmission des idées.

La plupart de mes travaux comme photographe sont argentiques. Ils nécessitent de la matière pour pouvoir transmettre (ou au moins essayer, si je n'arrive pas, c'est entièrement ma faute), le sentiment basique et le pourquoi de cette prise de vue et pas d'une autre.

Mon appareil photo comme primo moyen d'interprétation de la manière dont je vois les choses.

Camilo Agudelo, octobre 2016

La communication

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La réalité commence par la gauche et pas par la droite, c'est le papier sur lequel j’écrivais les idées qui sortaient de ma tête, c'est l'encre, le plastique, c'est la lettre. C'est l'idée.
La réalité est dedans, dehors, ici et la-bas, c'est le canapé, le confort. L'ordinateur, le film qui me raconte une histoire, le laser qui touche le DVD, le câble branché à l'électricité.
La réalité c'est IKEA avec des rayures noires et blanches, c'est la couverture qui me chauffe, c'est le sol qui craque en même temps que mon estomac.
La réalité c'est le voisin qui parle pendant le sommeil, c'est le voisin de l'autre côté qui tire la chasse d'eau à 23:18, la réalité se vie, se connecte, c'est la connexion entre les actes et les pensés.
La réalité est dans ma tête dans la tienne, dans la nôtre, doit circuler, c’est un flux.
La réalité accepte, se construit, grandi,  se paie, s'adapte et se transforme, ne jamais perdre l'essence.
La réalité est en bas, en haut, en face, derrière, de côté. Ce sont les peurs du passé avec les actions du présent, la réalité est dans le sac noir dans ma cuisine avec trois mouches qui tournent autour. 
La réalité sent la nourriture, a le goût du café, se sacralise et se respecte. Elle a des horaires, arrive par la Poste, il faut la payer et l'assumer. 
La réalité regarde direct dans les yeux sans avoir peur, fait du mal mais la douleur part, se casse mais se soude, tombe mais se relève.
La réalité fait du mal, comme maintenant ma main qui écrit trop vite, la réalité écoute, parle. Communique.

 

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La réalité est à nouveau blanche.  est en face de moi, elle a toujours été en face de moi, me regarde direct aux yeux et je la regarde aussi, moi à ma place.
La réalité est dans les rues, est un être en soi, la réalité coexiste avec le respect de l'autre.
La réalité se gagne, se travaille, s'efforce, a des numéros, n'est pas abstraite.
La réalité sourit et a ressent de la haine, la réalité sait pleurer, sait rigoler, sait partager. 
La réalité crache par terre mais te montre le ciel avec son doigt, la réalité commence par le zéro et va jusqu'à l'infini.
La réalité s'efforce, la réalité se gagne.

Camilo Agudelo, octobre 2016

De minuit à minuit 

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1/1 alcoolique /

2/2 alcoolique / mécanique /

3/3 alcoolique / mécanique / mathématique /

4/5 alcoolique / mécanique / mathématique / signalétique / informatique /

5/7 alcoolique / mécanique / mathématique / signalétique / informatique / antinomique / analytique / 

6/11 alcoolique / mécanique / mathématique / signalétique / informatique / antinomique / analytique / dialectique / artistique / cosmogonique / volumétrique /

7/13 alcoolique / mécanique / mathématique / signalétique / informatique / antinomique / analytique / dialectique / artistique / cosmogonique /  anachronique / sarcastique / comique /

8/17 alcoolique / mécanique / mathématique / signalétique / informatique / antinomique / analytique / dialectique / artistique / cosmogonique / anachronique / sarcastique / comique / érotique / tactique / anatomique / systématique /

9/19 alcoolique / mécanique / mathématique / signalétique / informatique / antinomique / analytique / dialectique / artistique / cosmogonique / anachronique / sarcastique / comique / érotique / tactique / anatomique / systématique / calorique / historique /

10/23 alcoolique / mécanique / mathématique / signalétique / informatique / antinomique / analytique / dialectique / artistique / cosmogonique / anachronique / sarcastique / comique / érotique / tactique / anatomique / systématique / calorique / historique / comique / anthropologique / volumétrique / dynamique /  

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11/29  alcoolique / mécanique / mathématique / signalétique / informatique / antinomique / analytique / dialectique / artistique / cosmogonique / anachronique / sarcastique / comique / érotique / tactique / anatomique / systématique / calorique / historique / comique / anthropologique / volumétrique / dynamique / morphologique / antinomique / antagonique / atypique / numérique / plastique /

12/31 alcoolique / mécanique / mathématique / signalétique / informatique / antinomique / analytique / dialectique / artistique / cosmogonique / anachronique / sarcastique / comique / érotique / tactique / anatomique / systématique / calorique / historique / comique / anthropologique / volumétrique / dynamique / morphologique / antinomique / antagonique / atypique / numérique / plastique / organique /  philosophique /  

primos3.jpg

13/37 alcoolique / mécanique / mathématique / signalétique / informatique / antinomique / analytique / dialectique / artistique / cosmogonique / anachronique / sarcastique / comique / érotique / tactique / anatomique / systématique / calorique / historique / comique / anthropologique / volumétrique / dynamique / morphologique / antinomique / antagonique / atypique / numérique / plastique / organique /  philosophique / romantique / pathétique / systématique / problématique / ironique / prostatique /

14/41 alcoolique / mécanique / mathématique / signalétique / informatique / antinomique / analytique / dialectique / artistique / cosmogonique / anachronique / sarcastique / comique / érotique / tactique / anatomique / systématique / calorique / historique / comique / anthropologique / volumétrique / dynamique / morphologique / antinomique / antagonique / atypique / numérique / plastique / organique /  philosophique / romantique / pathétique / systématique / problématique / ironique / prostatique / paranoïaque / classique / pathétique / autistique /

15/43 alcoolique / mécanique / mathématique / signalétique / informatique / antinomique / analytique / dialectique / artistique / cosmogonique / anachronique / sarcastique / comique / érotique / tactique / anatomique / systématique / calorique / historique / comique / anthropologique / volumétrique / dynamique / morphologique / antinomique / antagonique / atypique / numérique / plastique / organique /  philosophique / romantique / pathétique / systématique / problématique / ironique / prostatique / paranoïaque / classique / pathétique / autistique / anarchique / bénéfique /

Camilo Agudelo, mai 2016

La haine guide le peuple/In The Flesh? 

Dimanche après midi, j'ai revu un film que je n’avais plus vu depuis mon adolescence, The Wall de Alan Parker, avec la musique de l'album de Pink Floyd, qui donne aussi son nom au film. J'ai dû voir ce film plus de 20 fois pendant cette période de ma vie.

18 ans après, le film était projeté dans un petite salle de cinéma alternative dans un vieux bâtiment en plein cœur de Genève où, quelques années avant, j’avais vécu. La salle se trouve à gauche, mon appartement se trouvait quelques étages plus haut a droite.

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A l’époque ou j'habitais l’immeuble, dans cette salle à gauche il y avait un maître SM qui y avait son manoir. Dans les murs, il y a encore les couleurs de cette époque. La cheminée la même qu'il y avait dans les étages supérieurs, mais déguisée en noir et doré.

Plus tard ce soir même, je vu la haine, la haine comme guide de la chair. La haine qui se transforme en matière physique et énergie matérielle. La chair sans tête n’existe pas, la tête sans chair non plus. Dans un moment, il y a eu de la création, un nouveau corps s’articule et crée un être fait d'énergie musculaire et de haine mentale. Une création pure, articulée et vitale. La haine qui guide le peuple.

Camilo Agudelo, mai 2016

Terre à terre a tiers

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Mercredi matin, je me suis réveillé avec le souvenir d’un rêve fait pendant la nuit. Quelqu’un de ma famille m’a appelé pour me dire que ma mère avait pris la décision de donner son héritage de son vivant, donc j'ai dû retourner dans mon pays.

Une fois là-bas, dans l’espace imaginaire de mes rêves, j’étais au milieu des montagnes vertes, des différentes tonalités des verts qui ont composé une énorme couverture cousue avec des petits morceaux carrés et ondulés. Ces montagnes de mon enfance se sont dévoilées comme les vrais héritages de ma mère. L’héritage que je suis venu chercher, de retour dans mon pays, à travers le pays des rêves.

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Juste après mon réveil et avant mon rituel du café, je suis allé aux toilettes, et le petit doigt de mon pied gauche m’a rappelé que je n’étais plus dans la terre de mes rêves. Je venais juste de le sentir partir contre le pied de mon canapé. 

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Pendant le café, je me suis souvenu du mec qui a décidé d’arrêter le monde virtuel pour vivre l’expérience d’une vie sans écrans durant un an. 

Ce soir même, dans une fête électronique, les vibrations du son entrent par mon orteil, et les petits pas de mes pieds me rappellent aussi que ce matin, juste avant le café, j’ai laissé un rêve dans mon oreiller.

Camilo Agudelo, Juillet 2016