La terre à la terre / by Camilo Agudelo

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Durant une période assez sombre de ma vie, j'ai écris une partie de mon histoire a côté de l'histoire d'un créateur. Une personne dont son travail était de transformer les éléments de la nature en objets utilitaires du quotidien. Objets, qui grâce à son habilité, se transformaient en pièces précieuses  et uniques a traiter avec respect, attention et délicatesse.

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Je suis quelqu'un qui a une profonde croyance dans le pouvoir de la transformation des mots, des actes, des matériaux, des actions. On a tous le don de transformer à travers le geste, l'intention, la parole et le savoir faire.

Après quelques mois de temps mort dans notre relation il est venu chez moi, et a décidé, par le geste de la parole, de tacher mes murs avec ses mensonges. Il a voulu les matérialiser chez moi pour essayer de les croire. Penser qu'en les laissant enfermés chez moi ils allaient s'arrêter d'exister. Ils sont quand même restés quelque temps confinés là.

Pendant cette période, les mots rebondissaient dans mon studio. J'avais essayé de changer le nom de ces mots pour leur donner un nouveau sens, mais les mots voulaient continuer à s'appeler comme le créateur qui les avais créé.

Pendant plus de deux semaines on a essayé de vivre en colocation, mais ces mots grandissaient avec le temps et mon espace devenait insuffisant pour continuer à les accueillir. Ils devaient partir. Mais, je n'avais pas la clé de la porte pour les laisser continuer leur voyage.

J'ai commencé a me sentir asphyxié dans mon propre appartement.

Que devais-je faire avec ces mots chez moi sans avoir la clé pour les laisser partir ?

L'unique chose que j'avais à faire pour garder mon espace a moi c'était de détruire toute la création du créateur qui a crée ces mots.

Le unique moyen que j'avais pour le faire c'était de casser tout en même temps.

Sans la clé pour ouvrir la porte je n'avais pas d'autre option. Histoire de survivance. Je n'aimait pas l'idée, mais en même temps, je n'avais pas le choix.

Donc, j'ai dû casser tout la création du créateur contre les murs blancs de mon appartement comme unique moyen de finir avec la colocation avec ces mots.

Après c'était juste un travail de dépoussiérage. Chaque millimètre de mon appartement a été soigneusement nettoyé pour enlever toutes les traces de sa création qui maintenant se résume à de la simple poussière et de la saleté facile à enlever avec un chiffon et une serpillère humide.

L'unique moyen que j'ai pu trouver pour laisser partir ces mots c'été de remettre les choses à leur place.

Rendre la terre à la terre.  Dans ce cas, rendre de la poussière à la poubelle.